Une des dernières propositions de lois émanant de la majorité (Richard Mallié) vise à alléger la règle du repos dominical par la voix conventionnelle. Quel est le contenu de cette loi et quel pourrait en être le résultat sur l'emploi du temps dominical ?
On peut se demander quelle est la raison de ce sabotage législatif ? Le gouvernement a-t'il préconisé au législateur de revoir sa copie à la baisse pour faciliter le passage de la loi ? On parle aujourd'hui d'une ouverture de huit dimanches maximum. Quel est l'intérêt d'une telle loi, pour les salariés et pour les potentiels clients ?
On peut douter d'un réel impact sur l'économie et la croissance pour une ouverture ponctuelle des commerces qui plus est, limitée à certains quartiers des 4 premières métropoles françaises. On peut également se demander si l'effet sur les salaires sera significatif pour les salariés qui "feront le choix" de travailler huit dimanches dans l'année, en particulier pour les jeunes couples qui devront trouver une solution pour faire garder leur enfants.
Voyons donc s'il existe un intérêt pour les consommateurs. Il est clair que l'ouverture du dimanche faciliterait la situation pour les personnes travaillant du lundi au samedi, cependant cette proposition d'autoriser l'ouverture sur huit dimanches ne permettraient de résoudre que ponctuellement ces difficultés...
Par ailleurs, on peut penser que ces ouvertures ne feront que diluer les ventes sur la semaine et n'auront donc aucun effet sur la croissance. Les nombreux retraités qui occupent les magasins dès 8H30 seront probablement ravis de pouvoir ajouter à leur semaine, une nouvelle sortie hebdomadaire, mais il est certain que cela n'aura pas d'effet sur leur pouvoir d'achat et donc leur dépense en magasin : l'amplitude horaire augmente, la performance sur chaque heure diminue.
On peut même penser que les magasins vont perdre en rentabilité, puisqu'il devront assumer leurs charges un jour de plus en ajoutant les doublements de salaires.
Un mal pour un bien : cette "demi-loi" qui ressemble à un revirement du gouvernement pour ne pas perdre la face vis à vis des détracteurs de la proposition a l'avantage de ne concerner qu'une faible partie de la population.
Il faut en effet, mettre en avant le paradoxe des pouvoir publics qui constate les lacunes de l'éducation parentale et sa volonté de participer à la diminution du lien social et famillial. Il est évident que la perte de poids du cercle famillial (famille recomposée, culture) participe à la délinquance et alors que les pouvoirs publics souhaitent diminuer l'insécurité, ils souhaitent légiférer des textes qui "facilitent" la diminution du lien parents-enfants.
Le travail dominical risque aussi d'être un frein aux relations du couple, pour lequel le dimanche est parfois la seule journée en commun.
Cette proposition ressemble t'elle à un coup d'épée dans l'eau ou est-t'elle une porte ouverture à l'extension du nombre de dimanches ouvrés ?